Le docteur Pierre Brassard et son équipe

Mon Stonewall à moi!

C’est quoi ça Stonewall? Pourquoi regarder en arrière? Cé fini ça les manifestations et les revendications. Il n’y a plus de répression policière contre les gais et lesbiennes. Même les mariages de même sexe sont légaux. Les membres de la communauté ne vont plus en prison pour être ce qu’ils sont. La charte Canadienne des droits et libertés reconnais l’orientation sexuelle comme étant un choix et protège les individus. Même les activités sexuelles qui se déroulent dans les saunas sont tolérées. Que reste t-il de la communauté? À l’époque de la révolution sexuelle, les villages gais de l’Amérique se sont formés et les gens se sont regroupés pour se faire voir et montrer qu’ils se tenaient et lutaient contre l’oppression et l’injustice. Que reste-t-il de cette injustice et de cette oppression aujourd’hui? Pourquoi rester encore ensemble? Il reste quoi comme bataille à faire?

Plusieurs revendiquent l’égalité de fait ou sociale pour les gais et lesbiennes! Oui, effectivement il reste cette bataille. On peut voir à l’occasion de la discrimination disons insidieuse ou caché. Mais bon on s’entend que les coups de matraque c’est fini, hein?

Les gains engendré par ces manifestations et même une petite guerre civile à la Stonewall, on bénéficié aux gais et aux lesbiennes mais aussi aux personnes trans-identifié qui, à l’époque, étaient considéré automatiquement comme homosexuel. Mais pour les personnes trans-identifiées, Il reste beaucoup de travail à faire. Bien sur que si elles sont homosexuelles ou bisexuelles, elles peuvent profiter de la charte et aussi être protéger contre ce type de discrimination.

Aujourd’hui, je me rends compte que les fausses croyances des policiers de l’époque sont encore d’actualité. Les gens en générale croient encore que les personnes trans-identifiées sont d’amblé homosexuelles. Comment se fait-il que cette croyance soit encore présente et même au sein de la communauté gaie (au sens large). L’identité et l’orientation sexuelle sont deux choses très différentes. Pour la très grande majorité de la population, dont l’identité de genre n’a jamais été remise en question, ils ne sont même pas conscients de cette part importante de leur personne. Posez-vous la question : « Est-ce que je me sent homme ou femme? » La grande majorité des gens ne se ressentent pas leurs genres. Ils sont simplement ce qu’ils sont et sont très difficilement capable d’imaginer se sentir être de l’autre genre. Par contre, l’orientation sexuelle est beaucoup plus facile à comprendre et de s’imaginer être de l’autre orientation provoque même du dégoût pour plusieurs.

Donc, dès que vous comprenez que l’orientation et l’identité sont deux chose distinctes, vous vous rendez compte que la charte Canadienne des droit et libertés ne protège pas les personnes trans-identifié. Vous vous rendez compte que le transsexualisme est encore considéré comme une maladie mentale. Comment voulez-vous revendiquer des droits alors que vous êtes malade mental? Comment voulez-vous être pris au sérieux alors que vous êtes un malade mental? Comment voulez-vous participer à la société alors que vous êtes malade mental? Comment voulez-vous vous lancer en affaire alors que vous êtes malade mental?

Les personnes trans-identifiés doivent se cacher pour pouvoir vivre sainement leurs vies. Vous savez quoi? Ce n’est pas toujours facile à cacher ça une identité différente de ce qu’ils sont biologiquement! Des gens disent que nous sommes malade parce qu’il nous faut des chirurgies et un traitement médicale et des suivis psychologiques pour changer de genre. En fait, les difficultés psychologiques rencontrées par les personnes trans-identifiées proviennent en grande partie du fait que la société les marginalise. Les multiples chirurgies nécessaires pour féminiser ou masculiniser sont nécessaires parce que ces personnes ont attendu après leurs pubertés pour faire cette fameuse transition. Les hommes transsexuels subissent une mastectomie bilatérale complète parce que leurs seins ont poussé à la puberté.

Pourquoi les gens attendent-ils après la puberté pour s’affirmer et faire la fameuse transition? La réponse est toute simple : Par peur!

La peur et l’incompréhension de ce qu’ils sont eux-mêmes. L’éducation reçu des parents. Nous élevons nos petits garçons comme des petits gars et idem pour les fillettes. Si notre petit gars a un comportement trop féminin, les parents se disent : « Il est peut-être gai ». Mais personne ne remet sont identité en doute et même que certains parents réprimandent leurs enfants s’ils n’ont pas des comportements correspondant à leurs genre biologique.

Vous savez que si les gens en générale connaissaient la différence entre l’orientation et l’identité, ils seraient capables de l’identifier chez leurs enfants et aussi capable de leurs fournir l’aide dont ils ont besoin le plus tôt possible, c’est-à-dire avant la puberté.

J’ai l’impression que pour ma communauté, les améliorations qui ont été faites depuis Stonewall, sont simplement les retombées des gains des luttes homosexuelles. Maintenant les luttes homosexuelles sont terminées; Qu’ils ont l’égalité juridique, peut-être pas l’égalité sociale mais le temps arrangera ça. S’il-vous plait, aidez les personnes trans-identifié à faire valoir leurs droits :

1-     Le retrait de la dysphorie des maladies mentales dans le DSM-V et dans le ICD-11.

2-     Inclure l’identité de genre dans la charte Canadienne des droits et liberté.

3-     Permettre aux personnes trans-identifiées d’avoir l’aide dont ils ont besoin.

4-     Faciliter les procédures légales et médicales pour changer la mention du sexe et donner accès aux chirurgies.

5-     Former les fonctionnaires sur cette réalité et leurs donner l’information dont ils ont besoin pour faire leur travail avec les personnes trans-identifiées.

6-     Changer l’image publique des personnes trans-identifiées.

Voilà mon Stonewall à moi!

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